Le 24 mars, 2008 dans Presse

A la une de la culture togolaise, une star s’annonce : Di Valgo Jez. A vingt huit ans révolus, Chevelure « rasta », visage poupin, ce fils du pays séduit par son timbre vocal, son rythme et surtout par la pertinence de ses messages. A son compteur, deux albums (déjà !) sur sa jeune carrière solo, entamée seulement en 2002, on peut oser miser gros.

Di Valgo Jez, l’étoile togolaise

Di Valgo Jez, de son vrai nom Jean Pierre Koffi BOKO, est né dans le département des Plateaux au centre du Togo. Très tôt au collège, il est piqué par le virus culturel. Il a d’abord commencé par les œuvres théâtrales. Et comme lui-même le dit, le rôle d’acteur principal a toujours été sa préférence. C’est en 1995 qu’il vient à la musique. Il est très tôt attiré par des rythmes comme le hi life, d’inspiration traditionnelle. En 2002, il s’installe à Cotonou où il embrasse une carrière professionnelle Solo.

La pertinence du message
Sans avoir eu des accointances avec les milieux « rasta », Di Valgo jez, en a hérité la verve et le ton révolutionnaire. Ainsi, l’injustice, l’impérialisme font les choux gras de ses chansons. « Je dénonce l’impunité, la mauvaise gouvernance, la maltraitance des réfugiés politiques et des enfants » dit-il. A la question : d’où lui viennent ces inspirations ? Il répond : « les évènements de la vie, la solitude les longs voyages à travers les paysages étrangers je découvre.

Un parcours digne d’éloges
En 2003, premier album. L’opus passe inaperçu : pas de méditation, pas de promotion non plus. La précarité dans laquelle vivait l’artiste y a aussi contribué. La qualité phonographique de l’opus aussi laisse à désirer parce que le studio d’enregistrement était à ses débuts avec des équipements peu perfectionnés. En 2004, deuxième album connu sous le nom de Sè La Bakè. Un petit succès, une petite promotion au Bénin et surtout à Lomé. Les quatres chaînes de télévision béninoises ne se sont pas soustraites. Conséquence : Di Valgo Jez a pu décrocher quelques invitations pour des concerts. Mais une fois encore, un handicap survint. Le management fait défaut, l’album connaît une mévente et l’artiste n’arrive pas à recouvrir son investissement car il s’agissait d’une autoproduction.

Mais ces déboires ne l’entament pas. Il s’est mis aussitôt à l’œuvre. Et actuellement, précise-t-il « mon troisième album est prêt. » Pour éviter les erreurs du passé, il n’entend rien laisser de côté avant sa sortie. Il met actuellement les bouchées doubles pour un bon management de cet album dénommé Sè La Buèkè.

La culture, la langue et les valeurs
Di Valgo Jez est véritablement un enfant de sa terre. Il est attaché à son ethnie ; l’Akposso dans lequel il compose ses morceaux. « Je comprends le Français ; l’Anglais et le Mina. Pourtant, je chante en Akposso c’est ma langue par laquelle j’exprime mieux mes pensées.» affirme-t-il. Aussi apprécie-t-il tous les artistes qui chantent dans leurs langues. « Un vrai artiste, c’est la mélodie, le timbre vocal, le message et tout ceci ne se démontre bien que dans sa propre langue. » ajoute-t-il. Pour lui, la mission dont est investi un artiste est purement humanitaire, salvatrice et éducative. L’artiste doit donc participer à l’éducation de la population. Et c’est d’ailleurs ce qu’il essaie de faire. « Je participe à l’évolution de l’humanité par mes chansons, c’est le meilleur revenu que je puisse tirer de ma profession d’artiste. » Di Valgo Jez, c’est un homme attaché aux valeurs morales, à l’honneur, à la dignité, au respect de la parole donnée. « Il n’y a pas que l’argent qui compte » dit-il souvent.

L’humaniste et le scénariste
Di Valgo Jez a le culte de l’humanisme et de la philanthropie. Lui même ayant connu les affres de la misère, le fait de rendre service à autrui est pour lui le travail le plus noble de la vie. C’est pourquoi, il envisage créer une ONG qui va disposer d’uns studio où les artistes pourront se faire produire gratuitement.

« Je me battrai beaucoup pour avoir ma structure de production qui va aider les artistes à produire, promouvoir et distribuer gratuitement leurs œuvres ». Mais il est conscient que cela ne sera pas facile surtout qu’il faut de gros moyens pour installer cette structure. Il peut compter sur sa volonté de réussir et sa pensée positive. Et c’est d’ailleurs lui-même qui le dit : « Le début de toute chose est difficile mais, la détermination et le courage amènent à la perfection. Car, vouloir c’est pouvoir et la volonté est comme la foi ».

Rêveur, imaginatif, créatif, Di Valgo Jez a écrit déjà deux scénarios. Il ne compte pas s’arrêter là. Aller jusqu’à en faire des films, c’est son rêve. Le premier scénario a pour titre « L’épée de mon mari » et le second « Le sourire de l’orphelin ».

Le fiel . . .
Beaucoup de choses ont découragé Di Valgo Jez dans sa jeune carrière. Les déboires connus lors de ses deux précédents albums sont encore vivaces, que l’artiste soit en même temps le compositeur, l’interprète, le manager, le promoteur, le producteur, l’arrangeur . . .

De même la malhonnêteté de certains entrepreneurs culturels l’irrite « Ils prennent tout et ne laissent rien à l’artiste qui doit pourtant vivre de son inspiration et de son métier » s’indigne-t-il.

Le cri de cœur
« Je veux me faire connaître à l’extérieur. Si je peux avoir des contrats sur le plan international, cela me fera beaucoup plaisir. J’aimerais bien avoir un producteur pour la réussite de ma carrière. C’est pourquoi, je prierai toutes les bonnes volontés à me soutenir pour donner force et efficacité à mon combat pour l’éducation et la formation de nos peuples ». Cet appel témoigne une fois encore de l’engagement de cet artiste parti pour faire des émules.